Jules Crevaux écrit. Jules Crevaux dort sur un hamac. apatou, le fidèle compagnon de Jules Crevaux amérindien rencontré par Jules Crevaux

Son Oeuvre

Sa devise : « Tiens bon ».

Repères biographiques :

Sa jeunesse :

  • Il est né le 1er avril 1847 à Lorquin dans le département de la Meurthe (aujourd’hui de la Moselle). Lorquin est un bourg ravissant situé au pied des Vosges du Nord, à 10 km de Sarrebourg.
  • à l’âge de 9 ans il perd son père, à 15 ans sa mère. Orphelin, il sera « adopté » par son oncle et sa tante. Tous ses oncles et tantes ainsi que ses cousins germains qui résidaient à Lorquin ont veillé sur lui avec tendresse et affection.
  • à l’âge de 12ans : Il entre au lycée impérial de Nancy (futur lycée Poincaré) pour y faire ses études secondaires. Comme tous les élèves doués de cette époque, il mène conjointement des études scientifiques et littéraires, passe successivement les baccalauréats scientifique (en 1865) et littéraire (en 1866).
  • il choisit de poursuivre des études médicales d’abord à Strasbourg puis à Brest. A 20 ans, il quitte donc la Lorraine pour suivre le cursus de l’Ecole de Médecine Navale de Brest et devenir ainsi chirurgien de la Marine. La double casquette de militaire et de médecin le destinait à exercer la médecine dans le cadre de l’Empire colonial français.

Le traumatisme de la guerre :

  • A 22ans, en 1869, il réalise son rêve : il est désigné pour embarquer sur le navire hôpital Cérès en tant qu’aide-médecin de la Marine. Voyage initiatique au cours duquel le jeune Jules Crevaux est allé à la rencontre de son destin : la Guyane qu’il découvrit alors devint sa terre d’élection.
  • Juillet 1870 : douloureux retour en France où la guerre venait juste d’éclater entre la France et la Prusse.
  • Jules Crevaux se porte volontaire, obtient d’être affecté en tant qu’aide-major et rejoint l’armée de la Loire ; il fut fait prisonnier à Fréteval alors qu’il soignait des blessés, s’évada, rencontra Gambetta alors ministre de la Guerre qui lui confia des missions de service secret (à Orléans puis à Salins) qu’il put mener à bien grâce à sa parfaite maîtrise de la langue allemande.
  • En janvier 1871, il reçut une balle à l’avant-bras lors de la bataille de Chaffois quelques jours avant l’armistice.
  • le 19 mai 1871 était signé le traité de Francfort. Il stipulait que le département de la Meurthe dont Lorquin faisait partie était annexé avec l’Alsace à l’Empire allemand. Les Lorquinois subirent une germanisation à marche forcée, durent parler allemand et virent leur bourg rebaptisé Loerchingen. Une clause d’option permettait aux Alsaciens-Lorrains annexés de choisir la nationalité française à condition d’ « émigrer » en France. J. Crevaux, le 4 septembre 1872, opta pour la nationalité française et devint dès lors un étranger dans sa terre natale. Le traumatisme de cette défaite militaires et de ses conséquences politiques explique pour une grande part le désir du jeune Jules de partir le plus loin possible. Sa revanche sur l’humiliation subie par la France fut de contribuer au progrès de la science en œuvrant pour une meilleure connaissance du Nouveau Monde. Toute sa vie fut dès lors consacrée à cet idéal.
  • 1872 : il soutient sa thèse de médecine à l’université de Paris sur « l’hématurie chyleuse ou graisseuse des pays chauds ». A 25 ans il devient donc chirurgien de la Marine. L’aventure pouvait commencer.

L’homme :

  • Crevaux, médecin de la Marine, photographie, BNF : Crevaux, photographie d’Eugène de Paris
  • J. Crevaux, d’après un dessin de Léon Coutil/Alexandre Quinet : J. Crevaux, d’après un dessin de Léon
  • J. Crevaux, photo d’Emile Tiger : J. Crevaux, photo d’Emile Tiger
  • le physique : il avait un physique ordinaire, de taille modeste, son visage surmonté d’une belle chevelure noire possédait des traits réguliers.
    Ce qui a frappé tous ses amis, c’est l’intelligence que reflétait ce visage. Laissons parler son ami et compagnon Le Janne : « il avait une flamme dans les yeux, on devinait en lui l’homme avide de savoir ».
  • Le caractère : il avait sans nul doute un caractère bien trempé, une autorité naturelle renforcée par une grande détermination qui explique l’ascendant qu’il exerça plus tard sur ses équipages.
    Sa volonté, sans faille, lui a permis de mener à bien ses expéditions. « Je ne peux arrêter ma pensée sur ce que je puis craindre » écrivait-il.
    Il faisait preuve d’un courage frôlant l’intrépidité qui force l’admiration.
    Il aimait la bonne chère, les vins délicats qu’il n’oubliait pas d’emporter dans ses expéditions.
    Un trait de son caractère était l’humour qui prenait souvent la forme d’autodérision. Un humour qui lui sera d’un grand secours dans les moments difficiles.
  • sa vie sentimentale : il n’est guère disert sur ce sujet. Il a, semble-t-il, désiré épouser une jeune vosgienne, Aline Lemaire ;
    le refus du père de cette dernière de lui accorder la main de sa fille a précipité son départ pour l’Argentine où il effectua sa 4ème expédition qui lui fut fatale.

Le temps des explorations 1876-1882

Au cours de ses voyages, Jules Crevaux a parcouru quelque 10 000km, à pied (le plus souvent pieds nus car les chaussures qu’il apportait de métropole n’ont pas résisté longtemps aux intempéries et au milieu de la forêt équatoriale), en pirogue ou en radeau voire sur dos d’âne quand il s’agissait de traverser les Andes.
L’explorateur aux pieds nus le docteur Crevaux, Photographie de F.A. Fidanza ’explorateur aux pieds nus le docteur Crevaux, Photographie de F.A. Fidanza

Première expédition (1876-1877): l’intérieur de la Guyane

Elle se déroula dans l’intérieur de la Guyane qui était une colonie française alors fort décriée en raison de son climat considéré comme particulièrement insalubre, d’un passé historique émaillé de défaites militaires et de la présence du bagne de l’île du Diable. Il fut fortement soutenu par Jules Ferry, alors ministre de l’Instruction publique, qui, ardent partisan de la colonisation, confia à J. Crevaux la mission de relever le cours du Maroni qui constituait la frontière occidentale de la Guyane avec le Surinam et de faire connaître aux Français cette colonie mal aimée et bien mal connue.

Il s’agissait également d’établir le tracé de nos frontières avec le Surinam (Guyane hollandaise) et le Brésil.

Mais J. Crevaux aborda ce territoire en humaniste et non en colonisateur. Il partit seul, avec pour uniques bagages des instruments scientifiques (baromètres, boussoles, sextant, horizon artificiel, longue vue…). Il comptait recruter sur place les guides nécessaires. La providence mit sur son chemin Apatou, son compagnon fidèle, qui le conduisit sur le fleuve Maroni jusqu’au pied des Tumuc-Humac où habitaient les Indiens Roucouyennes. Crevaux fut le premier Français à franchir ces montagnes qui n’en étaient pas vraiment et à rejoindre l’Amazone par le Yari rendu impraticable par des chutes vertigineuses. Au cours de ce voyage, il étudia les mœurs des populations noires marrons et des Indiens Roucouyennes (= Wayanas). Il arriva à Sainte-Marie-de-Belem totalement épuisé par les quelque 650 km qu’il venait de parcourir en pirogue et à pied. Hirsute, épuisé par les attaques répétées de fièvre jaune, sans argent, l’évêque du lieu le prend pour un évadé.

Deuxième expédition (1878-1879) : des rives de la Guyane jusqu’aux Andes

Il s’agissait cette fois de remonter l’Oyapock, fleuve qui marquait la frontière orientale de la colonie avec le Brésil, d’explorer la chaîne de partage des eaux et de redescendre par le Parou pour rejoindre l’Amazone. La descente du Parou, à l’instar de celle du Yari, est particulièrement difficile en raison des nombreuses chutes et de quelques défilés impraticables. C’est au cours de cette première partie du voyage que le tamouchy Apoïké lui livre le secret de la fabrication du curare qu’il va rapporter en France.

Ne voulant pas revenir en France en plein hiver, J. Crevaux décida de quitter l’espace colonial français et d’explorer des régions lointaines situées aux confins des Andes. C’est ainsi que, toujours accompagné d’Apatou, il navigua sur l’Amazone, remonta un de ses nombreux affluents l’Iça en vapeur jusqu’au point où celui-ci n’est plus navigable qu’en canot. Après avoir relevé le cours du Haut Iça, il parcourut à pied la région andine qui séparait l’Iça du Yapura qu’il redescendit jusqu’à sa confluence avec l’Amazone. Pour ce faire, J. Crevaux n’avait hésité à recruter Santa Cruz, un pirate des Andes qui semait la terreur dans la région et qui se révéla être un compagnon loyal. Le trajet est des plus périlleux, les affluents de l’Amazone étant parsemés de « sauts » qui menacent de faire chavirer le fragile esquif.

Au cours de cette expédition, Jules Crevaux découvre plusieurs tribus indiennes, Carijonas et autres Coréguajes ; s’étant risqué imprudemment chez les Ouitotos, il s’enfuit rapidement lorsqu’il découvrit qu’ils étaient anthropophages.

Troisième expédition (1880-1881) : de la Nouvelle Grenade (Colombie) au Venezuela.

Cette fois, Crevaux part de France avec deux compagnons : son condisciple et ami, le pharmacien de la Marine Le Janne et le jeune timonier Burban. Apatou est là, bien sûr. L’expédition commence sur un vapeur qui remonte le Magdalena. Crevaux en profite pour rédiger son testament ! Puis les 4 compagnons traversent à dos de mule les Andes et entament la descente du Guaviare non pas en canot mais sur un simple radeau. Les dangers se multiplient : les raudals qui étaient des précipices où personne n’osait s’aventurer, les caïmans qui peuplaient les rivières par milliers rendaient la descente des fleuves très périlleuse. Apatou dont la jambe fut happée par un caïman faillit y laisser la vie, tandis que le jeune Burban, après avoir marché sur une raie venimeuse, succomba au cours du voyage. La descente de l’Orénoque permet à Crevaux d’étudier différentes populations indiennes, les Mitouas, les Guahibos et surtout les Guaraounos qui habitent dans le delta de ce vaste fleuve. Crevaux secondé par le photographe Morin prend un grand nombre de clichés qui seront très précieux pour la connaissance de ces populations.

C’est au cours de cette expédition qu’une jeune fille, enfant d’un sorcier piaroa, révèle à Jules Crevaux une autre recette de fabrication du curare, celle du curare fuerte.

C’est là aussi qu’il volera des momies qui seront envoyées en France. La science a ses raisons qu’une conscience pourtant éclairée du XIXème siècle ne connaît pas !

Quatrième expédition (1881-1882) : le Gran Chaco

Sombre présage que la mort du jeune Burban !

Crevaux, alors âgé de 34 ans, quitte la France, probablement sur le coup d’une déception amoureuse, accompagné de 4 Français. Cap sur l’Argentine sans bien savoir pour quelle mission précise. Celle-ci se précise sur place et Crevaux change ses plans et se laisse embarquer dans une curieuse expédition élaborée par les gouvernements argentin et bolivien. Il s’agit d’explorer le fleuve Pilcomayo jusqu’à sa confluence avec le Paraguay et de rejoindre Buenos Aires par le Parana. Le Pilcomayo qui prend sa source en Bolivie constituait la frontière entre le Paraguay et l’Argentine. Il s’agissait donc pour la Bolivie d’obtenir par ce fleuve un débouché sur le Rio de la Plata. On est bien loin des préoccupations scientifiques de Jules Crevaux. Pour le convaincre, on lui donna tous les moyens nécessaires : argent, hommes, matériel… l’expédition forte de 17 hommes tomba dans un guet-apens dressé par les Indiens Tobas qui se vengèrent sur ces Blancs d’une répression injuste dont ils venaient d’être victimes. Un seul homme, le jeune guide indien Zeballos, eut la vie sauve. C’est à lui que l’on doit le récit des événements.
Anthropophages, ces féroces Tobas mangèrent selon leur coutume les prisonniers. Crevaux fut tué sur le champ d’un coup de massue puis mangé. On était le 27 mars 1882. Crevaux et les membres français de la dernière expédition : Crevaux et les membres français de la dernière expédition photographie des membres de l'équipage, BNF : Billet, astronome, Ringel peintre
Didelot, aide timonier Jules Crevaux, médecin major de la Marine Haurat, timonier

Le massacre de la mission Crevaux, Riou, Le Tour du Monde : Le massacre de la mission Crevaux, Riou, Le Tour du Monde

Carte des 4 voyages de Jules Crevaux, catalogue du Musée de Sarrebourg

Apatou, le compagnon indéfectible

Apatou, dessin de Maillart, gravure du Tour du Monde

Apatou, dessin de Maillart, gravure du Tour du Monde

Apatou, photographie, BNF

Apatou, photographie, BNF

Apatou faisait partie de la tribu des Bonis.
Cette tribu était composée de Noirs marrons c'est-à-dire descendants des esclaves qui s’étaient enfuis à l’intérieur de la forêt amazonienne pour échapper aux terribles sévices qu’ils subissaient dans les grandes plantations hollandaises de la côte.

Apatou et Jules Crevaux partageaient la même passion de l’aventure et avaient des qualités complémentaires qui expliquent leur complicité. Sa connaissance du milieu tropical amazonien en a fait un guide incomparable.

Il a accepté de suivre J. Crevaux d’abord en Guyane puis sur l’Iça et le Yapura et pour finir sur le Guaviare et l’Orénoque à condition qu’il lui fasse découvrir la France. C’est ainsi qu’il vint à deux reprises en métropole où il fut acclamé et récompensé (par ex la Société de Géographie de l’Est lui remit un revolver). Une habileté conjuguée à une parfaite maîtrise de la navigation sur les fleuves amazoniens ont sauvé à plusieurs reprises l’équipage d’une mort assurée.
Il eut la sagesse de ne pas suivre son maître dans sa dernière expédition.
Aujourd’hui, Apatou est une gloire « nationale »en Guyane ; un bourg porte son nom sur le Maroni et nul n’ignore ses exploits d’aventurier.

La plus grosse frayeur d’Apatou : sa jambe fut happée par un caïman. Il ne dut sa survie qu’à Le Janne qui abattit l’animal d’un coup de fusil. Gravure de Riou, Le Tour du Monde.

Apatou : sa jambe happée par un caïman : Gravure de Riou, Le Tour du Monde.

Apatou : sa jambe happée par un caïman : Gravure de Riou, Le Tour du Monde.

Les trois premières expéditions : Crevaux naturaliste 1876-1881

Carte dressée par Hansen pour suivre les voyages de J.Crevaux dans le bassin septentrional de l’Amazonie.

Carte dressée par Hansen pour suivre les voyages de J.Crevaux dans le bassin septentrional de l’Amazonie.

Jules Crevaux découvrit un milieu naturel tout à la fois grandiose et fascinant mais terriblement dangereux. La forêt amazonienne fut assimilée à l’enfer vert. Il décrivit la faune, la flore, les fleuves parsemés de « sauts » (chutes). Il dessina les plantes, les animaux, releva le cours des fleuves Maroni, Oyapock, atteignit les monts Tumuc-Humac, dévoila le secret de l’Eldorado tant convoité. Ses esquisses ont été reprises par Riou et Valette et illustraient ses récits publiés dans la revue « le Tour du Monde ».

Voici quelques-unes de ces gravures :

un agouti, dessin de Mesnel, Le Tour du Monde

un agouti, dessin de Mesnel, Le Tour du Monde

«Le grand bois se présente sous un aspect froid…Mille colonnades ayant 40 mètres de haut s’élèvent au-dessus de vos têtes pour supporter un massif de verdure qui intercepte presque complètement les rayons du soleil…La vie paraît avoir quitté la terre pour se transporter dans les hauteurs, sur le massif de verdure qui forme le dôme de cette immense cathédrale. » Crevaux.

Le grand bois, gravure de Riou, le Tour du Monde Le grand bois, gravure de Riou, le Tour du Monde

Le grand bois, gravure de Riou, le Tour du Monde

Végétation luxuriante qui envahit la rivière Rouapir. C’est avec un sabre qu’Apatou  abat les branchages pour que la pirogue puisse se frayer un passage. Dessin de Riou.

Végétation luxuriante qui envahit la rivière Rouapir.
C’est avec un sabre qu’Apatou abat les branchages pour que la pirogue puisse se frayer un passage. Dessin de Riou.

Les rapides de Guyane, d’après une photographie de Crevaux

Les rapides de Guyane, d’après une photographie de Crevaux
Rochers et blocs erratiques entravent la circulation fluviale

un caïman, dessin de Mesnel, Le Tour du Monde.

un caïman, dessin de Mesnel, Le Tour du Monde. Les caïmans étaient particulièrement nombreux dans les affluents de l’Amazone, l’Iça et le Yapura.
Quand ils dorment sur les berges, on peut les confondre avec des troncs d’arbres.

Crevaux ethnologue

Chez les Noirs « marrons »

En remontant le Maroni, Crevaux rencontre des populations noires installées sur ces rives boisées, à l’abri des incursions des Blancs. Ces Noirs marrons, libérés de la férule de leurs maîtres hollandais, ont constitué des petites entités dont les mœurs sont empruntées aux Indiens qui vivaient à proximité mais aussi aux traditions ancestrales remontant aux temps lointains où ces populations habitaient dans le Golfe de Guinée. Crevaux a surtout étudié les rites et coutumes des Bonis, tribu dont Apatou était originaire.
A leur tête se trouvait un Gran Man, ils vivaient dans des huttes ou carbets bien tenus et recouverts de feuilles de palmier, se nourrissaient de riz et de manioc.
Comme les Indiens, ils pratiquaient pour se nourrir 3 activités principales : la chasse (singe, tapir, pécari, oiseaux) activité réservée aux hommes et qu’ils affectionnaient particulièrement, la pêche (coumarou) et l’abattis où les femmes cultivaient riz, manioc, coton et tabac.

un village boni : Riou, le Tour du Monde.

Arrivée de l’explorateur dans un village boni, Riou, le Tour du Monde.

Famille de Bonis

Famille de Bonis : Rixens , le Tour du Monde
Ils portent une étoffe appelée calimbé.

Crevaux remarque que tous les Noirs se ressemblent au physique comme au moral. « Cela tient sans doute à ce qu’ils ont tous une origine commune et qu’ils ont vécu dans les mêmes milieux » Crevaux.

Incantation du Gran-Man des Poligoudoux.Riou, Le Tour du Monde.

Incantation du Gran-Man des Poligoudoux.Riou, Le Tour du Monde.

Cette tribu appartient au groupe des Noirs marrons.
Le Gran-Man se barbouillait le front avec une argile blanche et entonnait ensuite depuis la fenêtre d’une case une chanson lugubre qui pouvait durer des heures.

Un enterrement chez les Bonis, Riou, le Tour du Monde.

Un enterrement chez les Bonis, Riou, le Tour du Monde.
Enterrement des cheveux et des ongles d’un Gran-Man et de sa femme chez les Bonis.

Crevaux visite les Amérindiens

Crevaux a visité un grand nombre de tribus amérindiennes au gré de ses voyages sur le Maroni, l’Oyapock, l’Iça, le Yapura, le Guaviare et l’Orénoque. Toutefois, il s’est surtout attaché à décrire les coutumes, les modes de vie de l’une d’entre elles : les Roucouyennes appartenant au groupe des Wayanas.

Ces Indiens tirent leur nom du roucou, plante dont ils se peignaient le corps qui teintait leur peau en rouge et avait à la fois une fonction décorative et protectrice contre les piqûres de moustiques et autres insectes nuisibles.

L’explorateur qui a rencontré cette tribu lors de ses deux premiers voyages appréciait beaucoup ces Indiens, plus que les tribus noires. Il aimait leur gentillesse, leur calme, leurs danses et leurs chants. Ils vivaient en symbiose avec la nature, entourés de multiples oiseaux, de singes, de chiens. Il a remarqué qu’ils ne couraient pas mais dans leurs longues marches, se tenaient les uns derrière les autres, d’où l’expression « file indienne ».

Ils se rendaient visite entre tribus wayanas voisines. C’était l’occasion de danser et de chanter au son des sonnailles et autres flûtes. Les Roucouyennes revêtaient alors des parures de fête où les plumes tenaient une place éminente : ils maintenaient leurs cheveux avec des couronnes de plumes multicolores : plumes noires d’agamis, blanches, rouges ou jaunes de toucans et aras.

J. Crevaux a découvert qu’ils pratiquaient un rite initiatique particulièrement douloureux qui s’apparente à un supplice : les anciens apposaient sur le torse des jeunes-gens des plaques renfermant des grosses fourmis et guêpes qui avaient été auparavant affamées. Ce rite s’appelle le maraké.

Au cours de ses voyages sur les affluents de l’Amazone, Crevaux découvrit d’autres tribus indiennes qui avaient toutes en commun de vivre de la chasse, de la pêche et des produits de quelques abattis. Toutes redoutaient le contact avec l’homme blanc en raison surtout des maladies qu’il véhiculait et quelques-unes d’entre elles étaient anthropophages.

Chez les Galibis

Les Indiens Galibis et la poterie, dessin de Maillart, Le Tour du Monde.

Les Indiens Galibis et la poterie, dessin de Maillart, Le Tour du Monde.

« Leur principale industrie est la fabrication de vases en terre, ils les font à la main avec de l’argile qu’ils trouvent sur la berge. » Crevaux

Les Galibis sont des Indiens qui vivent à proximité de la côte, dans des zones marécageuses et insalubres.

Les objets usuels des Galibis : hamac, arc, flèches, pagaie, banc zoomorphe, vases, aiguière, le tout artistement décoré.

Les objets usuels des Galibis : hamac, arc, flèches, pagaie, banc zoomorphe, vases, aiguière, le tout artistement décoré.

Chez les Roucouyennes

tribu des Roucouyennes Arrivée de Crevaux chez les Roucouyennes, Riou, Le Tour du Monde.
Crevaux se présente les mains nues pour montrer ses intentions pacifiques ; il est reçu par le tamouchy(=chef) ; deux femmes lui présentent un tabouret en signe d’hospitalité.

La file indienne en plein cœur de la forêt amazonienne. Riou, Le Tour du Monde.

La file indienne en plein cœur de la forêt amazonienne. Riou, Le Tour du Monde.

On voit que les Indiens ont chargé leurs provisions dans des hottes qu’ils portent sur le dos. Ils se déplacent en file indienne à travers les Tumuc-Humac sur des sentiers qu’eux seuls connaissent.

Jeunes indiens Roucouyennes, dessin de Rixens, le Tour du Monde.

Jeunes indiens Roucouyennes, dessin de Rixens, le Tour du Monde.

Danse chez les Roucouyennes, Riou, Le Tour du Monde.

Danse chez les Roucouyennes : Riou, Le Tour du Monde.
Les danseurs effectuent des rondes autour d’un feu des heures entières, couronnes de plumes sur la tête, sarbacane et flèches à la main.

Piyai : Personnage très respecté, sorcier et « médecin »

Un piay :Crevaux l’appelait « mon confrère »
Personnage très respecté, sorcier et « médecin »

La coupe de l’amitié : Riou, Le Tour du Monde.

La coupe de l’amitié : Riou, Le Tour du Monde.

Les Roucouyennes ont une forte tradition de l’hospitalité.
Le tamouchy offre au visiteur la coupe de l’amitié qui consiste en une calebasse remplie de cachiri.

Préparation de la danse du maraké (=supplice des fourmis/guêpes)

Préparation de la danse du maraké (=supplice des fourmis/guêpes).
Les énormes chapeaux couverts de plumes multicolores sont arborés par les seuls hommes. Les femmes n’ont pas le droit de porter des plumes. La danse du maraké abondamment arrosée de cachiri fait partie du rite du maraké. Riou, Le Tour du Monde.

Danse du Pono

Danse du Pono, célébrée un mois après le décès d’un tamouchy : Riou, Le Tour du Monde.

Crémation d’un Roucouyenne. Riou, Le Tour du Monde.

Crémation d’un Roucouyenne. Riou, Le Tour du Monde.
« Le défunt est revêtu de ses plus jolies parures ; il porte sur la tête une couronne de plumes aux couleurs éclatantes…les bras et les jambes sont recouverts de bracelets…Le bûcher est allumé. Une flamme vive rend le cadavre méconnaissable en un instant. Crevaux.

bain de vapeur après l'accouchement

Un bain de vapeur. Dessin de Maillart, Le Tour du Monde.
Après l’accouchement, la femme prend un bain de vapeur.

Chez les Oyampis

Un pataoua. Riou, Le Tour du Monde.

Un pataoua. Riou, Le Tour du Monde.
Chez les Indiens Oyampis, ce pataoua permettait d’accrocher les hamacs en hauteur de façon à se protéger des insectes et des serpents

Joueur de flûte sur l’Oyapock : Riou, Le Tour du Monde.

Joueur de flûte sur l’Oyapock : Riou, Le Tour du Monde.

Hutte oyampie abandonnée, Riou. Le Tour du Monde.

Hutte oyampie abandonnée, Riou. Le Tour du Monde.
Cette hutte est le témoin des villages dont la population a été entièrement décimée par les épidémies.

Indien Carijona, dessin de Riou : Le Tour du Monde.

Indien Carijona
Ces Indiens du Haut Amazone ont les oreilles, les lèvres et le nez percés.
Dessin de Riou : Le Tour du Monde.

Indien Coréguaje, dessin de Riou, Le Tour du Monde.

Indien Coréguaje, dessin de Riou, Le Tour du Monde.

Chez les Ouitotos

Portrait d’un Guaraouno habitant le delta de l’Orénoque : Riou, Le Tour du Monde.

Deux manières de priser chez les Ouitotos :
« Pour porter la poudre aromatique à leurs narines, ils se servent d'un insufflateur composé de deux os creux d'oiseau soudés avec du balata : on introduit l'une de ces deux branches dans la bouche et l'autre dans une narine; il suffit ensuite de souffler pour envoyer la poudre dans les parties les plus reculées de la muqueuse pituitaire... Les gens sociables disposent quant à eux d'un autre appareil composé de deux os disposés en X. » Crevaux

Chez les Indiens des bords de l’Iça et du Yapura

Piapoco chassant à la sarbacane, dessin de Fritel, Le Tour du Monde.

Piapoco chassant à la sarbacane, dessin de Fritel, Le Tour du Monde.
A l’aide de cette sarbacane, le jeune Piapoco lance une petite flèche dont la pointe est trempée dans le curare.

Dans le delta de l'Orénoque

Portrait d’un Guaraouno habitant le delta de l’Orénoque : Riou, Le Tour du Monde.

Portrait d’un Guaraouno habitant le delta de l’Orénoque : Riou, Le Tour du Monde.

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